Mes trucs pour apprivoiser nos huiles québécoises
Quelle huile utilisez-vous le plus souvent pour cuisiner? Je parie qu’il s’agit de l’huile d’olive! Bien qu’il s’agisse d’une excellente huile, tant pour la santé que pour le goût ou la cuisine, des olives, on n’en cultive pas au Québec. L’huile d’olive vient de loin, et coûte cher.
La bonne nouvelle, c’est que nous avons au Québec des huiles locales d’excellente qualité qui ont tout ce qu’il faut pour rivaliser avec l’huile d’olive. Produites à partir de graines cultivées ici, pressées à froid et souvent biologiques, ces huiles sont d’une fraîcheur remarquable et possèdent chacune leur personnalité.
Comme pour le vin ou le fromage, chaque huile a son caractère, ses arômes et ses accords. Certaines sont parfaites pour la cuisson, d’autres brillent en finition sur un plat. Les apprivoiser, c’est simplement s’amuser à les utiliser au bon moment.
Je vous lance donc le défi de faire une plus grande place aux huiles d’ici dans votre cuisine. Voici quelques repères pour vous aider à les découvrir.

Huile de canola pressée à froid
C’est l’huile passe-partout par excellence. Douce et délicate, son goût est presque neutre, ce qui lui permet de se fondre dans une multitude de recettes.
Elle est parfaite pour les vinaigrettes, les mayonnaises maison ou les sauces froides. Mais elle se comporte aussi très bien à la cuisson. On peut s’en servir pour faire revenir des légumes, cuire un œuf, préparer une sauce tomate, rôtir des légumes au four ou même faire des crêpes.
Si vous souhaitez remplacer l’huile d’olive dans vos recettes quotidiennes, c’est souvent la première huile à adopter.
Huile de tournesol oléique pressée à froid
L’huile de tournesol oléique est une autre excellente huile du quotidien. Elle possède une belle stabilité à la chaleur et un goût très doux, légèrement boisé et subtil.
Elle est idéale pour la cuisson à la poêle, les légumes rôtis au four, les sautés ou encore pour préparer des pommes de terre croustillantes.
Son goût délicat fonctionne aussi très bien dans les recettes sucrées : muffins, gâteaux, pains rapides ou granola maison. Elle remplace très bien les huiles végétales neutres et raffinées utilisées en pâtisserie.
C’est important de choisir une huile de tournesol identifiée comme « oléique » ou « à haute teneur en acide oléique », nous indiquant qu’elle provient d’une variété de tournesol très riche en oméga-9 (comme l’huile d’olive) et aussi en vitamine E, ce qui en fait un très bon choix pour la santé. À l’inverse, les huiles de tournesol régulières ou commerciales sont riches en oméga-6, ce qui leur vaut leur réputation de « pro-inflammatoires »… La bonne nouvelle, c’est que nos huiles de tournesol 100% québécoises sont toutes de type oléique, donc en achetant local on ne risque pas de se tromper!
Huile de chanvre pressée à froid
L’huile de chanvre est l’une des huiles les plus aromatiques. Elle possède un parfum végétal très herbacé et une magnifique couleur verte.
On ne la chauffe jamais, car la chaleur altère ses arômes et ses propriétés nutritionnelles.
Elle est merveilleuse en finition : dans une vinaigrette, sur une salade de tomates, dans une salade de pâtes, sur des légumes grillés ou simplement sur un bol de riz ou de quinoa. J’aime aussi en ajouter un filet sur un potage juste avant de servir.
Huile de citrouille pressée à froid
Pour les grands gourmets, il y a l’huile de citrouille. C’est une huile spectaculaire, autant pour son goût que pour sa couleur bourgogne profonde.
Elle possède des arômes fruités avec des notes presque torréfiées qui rappellent la noisette ou la confiture. Son goût est intense, donc on l’utilise en petite quantité.
Elle est sublime dans une salade verte, sur une burrata ou un fromage frais, dans un potage ou sur des légumes rôtis.
On peut aussi en verser quelques gouttes sur une salade de fruits ou même sur une crème glacée à la vanille pour un contraste surprenant.
Comme elle est plus coûteuse, on la garde souvent pour la finition des plats ou pour les occasions spéciales.
Huile de caméline pressée à froid
L’huile de caméline possède un goût frais, légèrement herbacé, qui rappelle parfois l’asperge.
Elle a aussi un avantage remarquable : elle résiste très bien à la chaleur. Son point de fumée est élevé, autour de 250 °C (475 °F), ce qui en fait une excellente huile pour la cuisson.
Elle est parfaite pour les repas à la plaque, les légumes rôtis, les sautés asiatiques ou les marinades pour la viande.
Son goût s’agence particulièrement bien avec les poissons et les légumes. Une huile toute en fraîcheur et délicatesse!
Huile de lin pressée à froid
L’huile de lin, je la vois davantage comme un supplément nutritionnel. Elle est très riche en oméga-3, et pour conserver tous ses bienfaits, on ne la chauffe jamais.
Elle possède une saveur plus marquée, légèrement végétale et terreuse, qui peut surprendre au début. Mais utilisée en petite quantité, elle se marie très bien avec d’autres ingrédients.
J’aime en ajouter un filet dans un smoothie, sur un gruau, dans un yogourt ou dans une vinaigrette.
Comme elle est très sensible à la chaleur, à la lumière et à l’oxygène, il est préférable de la conserver au réfrigérateur après ouverture.
Chose certaine, les huiles de nos producteurs québécois n’ont rien à voir avec les huiles commerciales raffinées vendues dans les gros bidons. Ce sont des huiles qui ont une histoire à raconter, celle de producteurs passionnés.
Les utiliser en cuisine, c’est découvrir une nouvelle palette de saveurs, soutenir l’agriculture locale et cuisiner avec des produits d’une grande fraîcheur.
Avec toutes ces belles options québécoises, le règne de l’huile d’olive n’est plus aussi absolu qu’on le croit. Je vous invite à les découvrir une à une et à trouver celles qui feront désormais partie de votre quotidien.
Alors, dites-moi, laquelle allez-vous essayer en premier?
Geneviève

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